La médecine de famille au Québec - La médecine de famille au Québec, qu’est-ce que cela nous amènera, et où en serons-nous rendus?

JEAN-YVES BOUTET
AMOS

La médecine est un art et une science. Elle doit se centrer sur le patient, mais depuis les 30 dernières années, elle s’est centrée sur la technologie, au détriment de l’art d’exercer la médecine. Cela a entraîné une certaine dérive. Dérive que la population constate, et dont elle exprime maintenant sa grande insatisfaction. L’approche basée sur des données évidentes est importante, mais il ne faut jamais oublier que l’ON soigne un individu, et non une statistique.

La médecine en première ligne doit maintenant s’adapter à la clientèle et à ses besoins, et non l’inverse. Fini le temps où c’était le patient qui s’adaptait aux horaires de son médecin.

Avec la venue des GMF, et l’arrivée de plusieurs jeunes médecins, les choses sont appelées à changer. Auparavant il n’y avait pas de culture de performance et d’efficience. Maintenant la clientèle du médecin va désirer de l’accessibilité et de la qualité.

Un modèle d’affaire est en train de se créer et particulièrement avec la surpopulation médicale qui devrait arriver d’ici les 5 prochaines années. Les médecins ne pourront plus pratiquer en solo et en silo, ils devront avoir une écoute très sensible des besoins. Le travail en interdisciplinarité est l’une des solutions qui apparaissent dans les GMF.

La surpopulation en omnipraticiens va entraîner le modèle d’affaires dans les cliniques vers une offre de services mieux adaptée aux patients et à ses besoins. Les changements commencent déjà à apparaître, mais c’est un long processus de réflexion et de gestion du changement.

Le modèle d’affaire pour les médecins de famille se bâtira d’ici quelques années  sur l’empathie et sur  l’écoute des besoins de leur clientèle qui ne cesseront d’évoluer. Il y aura plus de compétition entre les médecins de famille, et ce, en raison de la surpopulation en omnipraticiens. Ces derniers devront fidéliser leur clientèle avec un offre de services où l’accessibilité, la disponibilité, l’efficience devront être au rendez-vous. Ce nouveau modèle d’affaires doit être compris et mis en application par les médecins, mais plus particulièrement les jeunes omnipraticiens.

L’empathie, la disponibilité, le travail en interdisciplinarité, l’efficience sont les éléments du nouveau contrat social et du modèle d’affaire dans lequel les omnipraticiens doivent s’engager, et ce,  pour le meilleur bien-être de leurs patients.

Jean-Yves Boutet md
Chef DRMG Abitibi-Témiscamingue
Président AMONOQ
Médecin coordonnateur GMF Les Eskers d'Amos