Vers un meilleur système de santé

MIKE BOUTIN, INNOV2LEARN
VAUDREUIL-DORION

Le 30 septembre dernier, on pouvait lire sur le site de Radio-Canada que le ministre de la santé, M. Gaétan Barette « entend réduire le nombre d’étudiants admis dans les facultés de médecine des universités québécoises au cours de 10 prochaines années »1. Les grandes lignes disaient que c’était pour prévenir une surpopulation de médecins dans un futur rapproché. Est-ce donc la solution? Le système en place est-il au point? Clairement pas. Dans ce cas, comment améliorer le système de santé québécois? Une utilisation adéquate de la technologie du XXIe siècle s’impose. Plan de match : remplacer les médecins généralistes par des ordinateurs, une carte soleil disque dur et des outils de formation contrôlés à l’aide de téléphones intelligents.

REMPLACER LES MÉDECINS GÉNÉRALISTES PAR DES ORDINATEURS
Il vous est surement déjà arrivé d’aller chez le médecin et de ressortir avec un mauvais diagnostic du problème pour lequel vous étiez venu consulter. Quoi faire dans ces moments? Aller dans une autre clinique et attendre encore? Comment éviter de perdre son temps dans une salle d’attente une bonne fois pour toutes? Pour ce faire, revoyons ensemble une simplification de la visite chez un médecin. D’abord, vous arrivez. Vous rencontrez la commis/secrétaire. Un premier tri est alors réalisé : soins infirmiers ou examen du médecin. Ensuite, vous patientez. Premier arrivé, premier servi. Dans le premier cas, vous passer relativement vite. Dans le second, vous rencontrez le docteur, il vous examine, donne son diagnostic et vous repartez, soit avec une prescription ou un papier pour avoir accès à un médecin spécialiste2. Où perdons-nous le plus de temps? L’attente de voir l’omnipraticien. Pourquoi? Parce ce dernier doit rencontrer tous les patients individuellement, leur poser les mêmes questions et en fonction des réponses fournies, décide si oui ou non ces derniers doivent consulter un spécialiste. Qu’est-ce qu’un omnipraticien? Avec tout le respect qui leur est dû, on doit tout de même reconnaître qu’on les utilise actuellement comme des ‘Google- guichets’ de diagnostiques et de références auxquels on fait confiance. Imaginez, si à l’opposé, on faisait comme aux douanes lorsqu’on revient d’un voyage en avion, nous serions dirigés devant un ordinateur pour répondre à des questions. Cela permettrait de faire un tri plus poussé que la « relève de l’infirmière ou la relève du médecin » avec des choix d’images pour aider à identifier le problème. Qu’est-ce que ça changerait? Tout. Avec un bon questionnaire, on pourrait directement avoir un billet pour consulter un spécialiste ou même une liste de médicaments que le pharmacien aurait à approuver. Terminé les attentes prolongées.

UNE CARTE SOLEIL DISQUE DUR
Dans des circonstances où la solution citée plus haut ne serait pas faisable. Plus particulièrement, pour ceux qui ont la chance d’avoir un médecin de famille. À ce propos, permettez-moi de vous raconter une courte anecdote d’une jeune étudiante débordée de travail. Cette dernière, originaire du Saguenay, devait rencontrer son docteur. Le problème, était que celui-ci pratiquait là-bas, alors qu’elle habitait désormais à Montréal, soit 7h de route plus loin. Croyez-le ou non, cette dernière fit le trajet pour aller le voir. Simplement, car ce médecin la suivait depuis qu’elle était toute petite et détenait tous ses antécédents médicaux. Pourquoi n’avait-elle donc pas fait transférer son dossier? Comme vous le savez, le gouvernement a entrepris depuis environ un an, un projet informatique du nom de DSQ (Dossier Santé Québec), « une initiative du gouvernement du Québec pour améliorer la qualité des soins et l’efficacité du système de santé du Québec grâce à l’informatisation »3. Malheureusement, comme on peut le lire dans un extra tiré d’un article du journal de Montréal parut en janvier dernier: « Plusieurs médecins consultés disent ne pas encore pouvoir s’y fier puisqu’il est incomplet »4. Le défi caché derrière l’informatisation du dossier médical réside dans la plateforme universelle utilisée par les différents intervenants. On vient alors à se questionner si ce ne serait pas plus simple que ceux-ci enregistrent nos informations directement sur notre carte soleil, un peu à la manière d’une carte de débit.

DES OUTILS DE FORMATION CONTRÔLÉS À L'AIDE TÉLÉPHONES INTELLIGENTS
Nous avons beaucoup parlé des problèmes actuels, mais quand est-il de la relève? De nos jours, les étudiants en soins de la santé utilisent du matériel de formation évolué. Les mannequins robotiques de CAE ont désormais remplacé les mannequins inertes d’autrefois. Le réaliste est presqu’à son apogée. Ces robots peuvent désormais parler, bouger et recevoir des injections; certains d’entre eux peuvent même accoucher! Seulement un problème persiste. Les outils médicaux ne sont pas compatibles. Par là, on entend qu’ils fonctionnent très bien…à condition d’être utilisés sur des humains! Il est bien connu que ce matériel spécialisé coûte un bras et parfois même une jambe. Pour quoi? Pour du matériel que les étudiants ne peuvent même pas utiliser! Heureusement, une petite start-up du nom d’Innov2Learn est là pour pallier à cette problématique. En effet, depuis maintenant près d’un an, cette petite compagnie s’est lancée dans la réplique d’appareils utilisés dans les hôpitaux. Conçus pour la simulation, ces outils ont déjà fait leurs preuves auprès de nombreux étudiants en science infirmière du CHUM et du cégep Gérald-Godin. De plus, par souci de l’environnement et confrontés aux réalités d’aujourd’hui, ces outils sont contrôlés directement à partir d’une tablette ou d’un cellulaire, donc moins encombrant qu’un ordinateur portable et plus fiable qu’une manette universelle. Maintenant, nous pouvons parler d’innovation.

En terminant, comme nous avons pu le voir au fil de ce texte, les solutions ne manquent pas pour corriger les problèmes de notre système de santé. En passant par une réorientation des gens vers les services qu’ils sont venus solliciter pour leur éviter du temps d’attente inutile, à la simplification du partage d’informations au moyen de carte mémoire contenant tout notre historique médical. Sans oublier du matériel mieux adapté à la formation de la relève médicale. La technologie existe, servons-nous-en.

Mike

Fondateur et Président d’Innov2Learn

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  1. «Plus de médecins, moins de services : Barette cherche l’équilibre », 30 septembre 2016,RADIO- CANADA.CA,http://ici.radio-canada.ca/nouvelles/Politique/2016/09/30/003-nombre-medecins-acces-services-infirmieres-specialisees-barrette.shtml (page consultée le 24 octobre 2016)
  2. Fédération des médecins spécialistes du Québec, Médecin spécialist, https://www.fmsq.org/fr/profession/medecine-specialisee/le-medecin-specialiste (page consultée de 25 octobre 2016)
  3. Santé et Services sociaux Québec, Qu’est-ce que le Dossier Santé Québec, http://www.dossierdesante.gouv.qc.ca/population/Qu-est-ce-que-le-DSQ/index.php?Le_DSQ_en_bref (page consultée de 25 octobre 2016)
  4. BLANCHET, Jean-Nicolas. « Dossier santé Québec : 450 M$ de plus qu’annoncé », 13 janvier 2016, dans Le Journal de Montréal, http://www.journaldemontreal.com/2016/01/13/dossier-sante-quebec-450m-de-plus-quannonce (page consultée le 25 octobre 2016)